mercredi 31 mai 2000

Les anciens bureaux de Paul Cavrois

Dans la Voix du Nord du dimanche 31 mai 2026, un article concernant notre guide de la veille à la Maison Verte, qui a investi les anciens bureaux de Paul Cavrois. 


Une double page dans l'édition de la Voix du Nord du dimanche 31 mai 2026

Un texte de Bruno Renoul et des clichés de Thierry Thorel


C'est un « coup de cœur des voyageurs ». Sur la plateforme Airbnb, les commentaires des hôtes sont tous dithyrambiques : « Un bijou », « un plaisir absolu », « une expérience unique », « du luxe à un prix accessible », « Si vous aimez les logements avec une histoire, alors c'est le bon endroit »...


On parle ici d'une proposition alléchante : dormir dans les anciens bureaux de Paul Cavrois, grand patron textile de Roubaix, célèbre pour être le commanditaire de la splendide Villa Cavrois.


Dans l'enceinte de l'usine Cavrois-Mahieu, une manufacture spectaculaire de 3 hectares, dont les sheds en tuiles sont dominés par deux imposantes cheminées de 28 et 35 mètres, on entre par l'ancienne salle de la paie. Ici, de 1887 à 2000, jusqu'à 1 200 ouvriers venaient chercher leur dû. On grimpe un escalier avant de se retrouver au premier étage, dans le saint des saints : là où Paul Cavrois et ses fils gouvernaient cette fabrique de tissus destinés à la confection de costumes.


Voyage dans le temps


Au fond, on découvre un très beau loft où résident depuis 2020 l'artiste Hugo Laruelle et l'architecte Pierre-Marie Carbon. Ici, pas de boîte à clefs. Les propriétaires accueillent leurs hôtes pour leur présenter les deux chambres qui leur sont dévolues : les anciens bureaux de Paul Cavrois et de sa secrétaire, jadis reliés par un couloir aujourd'hui reconverti en salle de bains. La salle dédiée au petit-déjeuner et un bureau de travail complètent le tableau. « Quand on a acheté, on n'imaginait pas garder ça pour nous, on voulait partager ce lieu emblématique du patrimoine roubaisien », raconte Hugo Laruelle, également propriétaire de la fascinante Maison Verte, où un appartement est aussi ouvert à la location touristique.


Et en écoutant leur récit, on voyage dans le temps. D'autant que les paroles s'appuient sur une foule d'objets, catalogues d'échantillons de tissus, bobines de fil, affiches publicitaires, et même les plans de l'usine, qui vous transportent ailleurs. Ces 4 pièces, décorées avec soin, en sont truffées. L'ancien bureau du patron, qui domine l'usine, est doté d'une cheminée d'apparat et de boiseries.


La tête de lit est le meuble sur lequel Paul Cavrois travaillait. « Certains hôtes viennent par hasard, d'autres parce qu'ils cherchent un lieu insolite, une expérience particulière, et on a beaucoup de visiteurs qui cherchent à compléter leur visite de la Villa Cavrois », poursuit Hugo Laruelle.


« Un peu isolé »


Avec un peu de chance, si le lieu est ouvert, on peut même prolonger la visite au Non-Lieu. Cette association de préservation du patrimoine industriel est également installée dans l'usine Cavrois-Mahieu, dans des locaux renfermant encore d'impressionnantes machines. L'ancienne manufacture est en effet tout sauf en friche : elle abrite depuis la fin de l'activité industrielle, en 2000, un hôtel d'entreprises. On y compte un fabricant de vélos, une cartonnerie, des espaces de stockage, une partie des réserves du musée La Piscine...


« On aime habiter ici, au cœur d'un quartier populaire tout en étant un peu isolé. On l'explique aux hôtes, pour qu'ils ne croient pas débarquer en centre-ville », confie Hugo Laruelle. Si l'expérience vous tente, rendez-vous sur Airbnb, ou appelez directement le 06 83 15 91 92.


L'espace dédié aux petits déjeuners


Depuis cinq ans, l'artiste Hugo Laruelle a créé deux chambres d'hôtes dans son ancien appartement qui se situe dans l'ancienne usine textile Cavrois-Mahieu, à Roubaix


Le bureau où les hôtes peuvent travailler, lire...


La deuxième chambre


L'artiste Hugo Laruelle vit ici depuis 2020


L'usine Cavrois-Mahieu est l'une des rares à disposer de deux cheminées


De multiples objets rappellent le passé industriel du lieu


Des échantillons de tissus de l'ancienne usine sont présents dans les chambres


Le magnifique loft dans lequel vivent les propriétaires Hugo et Pierre Marie

mardi 30 mai 2000

Le groupe en visite à la Maison Verte

Clichés de Jacques Desbarbieux et Annick Gallaud
































 

Visite guidée de la Maison Verte

Clichés de Jacques Desbarbieux et Annick Gallaud



Cliché d'époque (circa 1893) de la Maison Verte 
À remarquer la dimension moins haute des fenêtres du bas


En 2026, cette construction semble bien isolée avec la destruction des maisons mitoyennes. Lors de son achat le propriétaire actuel a eu la surprise de constater qu'elle n'existait plus au cadastre !


D'un style plutôt éclectique la façade recèle quelques touches art nouveau comme dans la calligraphie du n° 28. On note également quelques touches franc maçonnique, comme les éléments à base triple.


La brique vernissée verte se veut comme un contraste à la brique rouge poreuse dominante dans les constructions de la région. Au fronton figure  l'inscription " Erigé en l'an 1893 " entre les 4 statues féminines.

L'intérieur

L'entrée



Un miroir avec des lignes coup de fouet et des crabes en céramique de Muller.





Un revêtement imitant le cuir de Cordoue


La maison n'a jamais été habitée, mais à eu des usages divers, notamment de bureaux et même de lieu d'exposition, ce qui se prolonge actuellement

La première pièce sur rue



La Pierrette du Pierrot Gourmand





Ce bronze est entouré de deux souvenirs de l'exposition universelle



Un cabinet de curiosités





Buste de Sarah Bernard d'après Mucha



Le rail de coulissage des portes séparatives

La pièce contigüe











Le couloir de l'entrée et l'escalier









Le couloir longeant la véranda



Sur la gauche l'accès à la cour et au fond le cabinet de toilette


Les céramiques art nouveau sont plus de la tendance florale (ici avec une glycine) comme chez Guimard à Paris que géométrique (au niveau de la frise) comme chez Horta à Bruxelles et Majorelle à Nancy



Le cabinet de toilette




L'étonnant plafond du cabinet de toilette évoquant une chapelle d'inspiration franc maçonnique

La cour






La façade côté cour


Surprenante vision que cette maison orpheline de ses voisines ! À gauche l'Hôtel de Ville de Roubaix de l'architecte Victor Laloux (celui de la gare d'Orsay à Paris), construit en 1911 pour l'Exposition Internationale de Roubaix.